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Présentation des lauréats et mentions : Bâtiment non résidentiel privé ou public

 

"Après de rapides palabres, le jury unanime a décidé d'attribuer le premier prix ex-aequo à deux réalisations magistrales mais de nature différente.

Le premier prix est  attribué au projet La Patinoire Royale, située rue Veydt 15 à 1060 Bruxelles, de Jean-Paul Hermant Architectes.  

Le jury souligne unanimement la qualité et le soin des détails architecturaux réalisés dans cette rénovation somptueuse.  La justesse des interventions au service d'un espace existant revisité

tout en amplifiant l’esthétique et fluidifiant la circulation fait de cette galerie d'Art un espace d'exception dédié à l'exposition."

 

Jean-Paul Hermant Architectes - La Patinoire Royale

 

1er prix ex-aequo

 

 

Situation:
Rue de Veydt, 15 - 1060 Bruxelles

Programme : 
Restauration, transformation et extension du Royal Skating en espaces d'exposition







Description : 
Initialement conçu pour abriter une salle dédiée au patinage à roulettes, cet espace a subi dans le temps de nouvelles affectations telles que garage automobile, entrepôt d’armes en période de guerre et parking automobile.

L’espace a rouvert ses portes en avril 2015 sous le nom de La Patinoire Royale. Il accueille une activité d’expositions temporaires en explorant les grandes étapes de la création artistique en Europe, au cours de la seconde moitié du XXe siècle, dans le domaine des arts plastiques et du design.

Avec une surface cumulée de près de 3000 m2, La Patinoire Royale est un des lieux les plus spacieux, en mains privées, dédié à l’art moderne et contemporain en Europe.

Le projet, aujourd’hui réalisé, est en constante évolution suite aux différentes expositions et activités qui s’y déroulent et auxquelles nous continuons de participer.

L’objectif a été de mettre en valeur les parties classées rénovées (façades et charpentes) tout en les faisant dialoguer avec des interventions contemporaines telles que : la porte et le sas d’entrée, l’espace d’accueil, les nouvelles circulations verticales (dont le grand escalier central liant les trois niveaux d’exposition), les espaces d’exposition secondaires, l’espace bureaux au 2e étage, l’espace cour et jardin et le futur restaurant potentiel dans sa prolongation.

La modification de l’espace de l’entrée a consisté à faire l’adéquation entre le classicisme de la façade principale, le sas d’entrée (énergie et aménagement sortie de secours), la remise en place de l’escalier d’accès monumental  et l’intégration du volume de l’ascenseur.

La grande halle constitue l’espace d’exposition principal dont la charpente classée a été gardée en l’état . Pour intégrer au mieux l’estrade existante, un emmarchement a été construit sur toute la largeur de la pièce.

Dans le but de lier la grande halle aux espaces d’exposition secondaires situés au +1 et -1, une circulation verticale majeure a été conçue de manière centrale, imbriquée dans l’emmarchement de l’estrade, sous la forme d’un cube posé dans l’espace à l’intérieur duquel s’articulent, en creux, deux escaliers : un droit et un tournant, tous deux se rétrécissant en montant.

Dans le gravissement d’un escalier ouvert, la perception de l’ensemble de l’espace se modifie de marche en marche progressivement. Dans la mise en oeuvre réalisée ici, le temps du gravissement de l’escalier nous plonge dans un espace intermédiaire pour découvrir à la fin, en une fois, un autre point de vue surélevé.

La partie droite du bâtiment principal rue Veydt, qui se développe sur 5 niveaux, a été complètement rénovée en basse énergie pour accueillir tous les espaces servant au fonctionnement de l’édifice : accès principal, sas, accueil, librairie, ascenseur, escaliers de communication secondaires, locaux techniques, locaux sanitaires ainsi que deux espaces d’exposition au premier étage. Au dernier niveau, une extension a été construite en ossature bois et isolée aux normes passives et matériaux écologiques pour abriter les bureaux.

La reconstitution du dôme (uniquement présent sur les plans originaux de l’architecte G. Marchal) a été réalisé en collaboration étroite avec les services de la Commission Royale des Monuments et Sites. Il a été construit également en ossature bois aux normes passives et matériaux écologiques. Son revêtement est réalisé en losanges de zinc dont la forme se rétrécit à chaque rangée vers le sommet.

Une partie du travail a été réalisé en collaboration avec le décorateur Pierre Yovanovitch.

 

"Le premier prix ex-aequo est attribué au projet KAU Gymnasium, situé avenue Nekkersgat 17 à 1180 Bruxelles, de URA Architecten, le jury met en exergue la symbiose parfaitement réussie de cette salle de sport dans le site de l'école secondaire.

Nichée à l'arrière du campus principal dans un îlot  boisé, il s'offre au regard tel un écrin précieux au milieu de la nature.  Le bâtiment remplit sa mission de gymnase et s'ouvre constamment  à  d'autres  utilisations  en fonction des besoins de l'école."

 

URA Architecten - KAU Gymnasium

 

1er prix ex-aequo

 

Situation:
Avenue Nekkersgat, 17 - 1180 Bruxelles

Programme : 
Construction d'une salle de sport







Description : 
La demande : un nouveau gymnase pour l’Athénée d’Uccle, ajoutant à l’école un volume supplémentaire. 

Fascinée par la présence du domaine boisé, l’URA a recherché un endroit précis dans la forêt permettant une confrontation entre les différents éléments suivants : le bâtiment et son environnement, l’ouvert et le fermé, les arbres et le relief, la matérialité et la transparence, l’espace et son utilisation. Ces différentes confrontations ont été concrétisées dans un seul bâtiment. 

Le bâtiment est à moitié enterré, offrant à ses façades une double matérialisation. Un mur de soutènement en béton massif fait face à une coupe verticale de la structure en bois.

Ainsi, les différents éléments comme “s’entraîner”, “se rendre au bâtiment”, “dans le vent et les intempéries” “grimper sur la colline et descendre de la tribune” fournissent également une occasion aux élèves et aux enseignants de se confronter aux lois de la nature.

 

"Le jury tient également à attribuer  une mention pour le projet l'Empereur, rue de l’Empereur 34 à 1000 Bruxelles, du bureau Architectes  Associés.

Mixant les fonctions de bureaux et de logement au centre de la ville, la réalisation offre également  un exemple de greffeussie  avec le patrimoine historique de Bruxelles ainsi qu'une plastique audacieuse.  Le jury souligne cette mixité  des fonctions, élément certain de la ville de demain."

 

Architectes Associés - Empereur

 

Mention

 

 

Situation:
Boulevard de l'Empereur, 34 - 1000 Bruxelles

Programme : 
Construction d'un immeuble comprenant 7 logements + bureaux au rez-de-chaussée et étage +1







Description : 
Sur le boulevard de l’Empereur jouxtant la Tour Anneessens, le projet se concentre sur l’impact positif qu’apportent les espaces tant non-construits que construits sur le paysage urbain, lui-même abordé comme Patrimoine au même titre que les pierres moyenâgeuses. Cette réflexion induit dès les premiers traits le choix du « pas en arrière » en lieu et place du « profil bas » : la prise en compte du Patrimoine ne peut se limiter au respect métrique des alignements et gabarits existants ou autorisés. Par empathie, elle doit aller au-delà.

D’abord en plan et à l’inverse de l'immeuble préexistant occupant grassement l'entièreté du terrain disponible, l’alignement du nouveau projet s’implante volontairement en recul de plus de 2m du gabarit arrière autorisé. De ce fait et malgré la perte de surface entraînée la façade s’aligne en fond de parcelle sur ses voisins terminant par la continuité le front bâti arrière, créant par ce pas en arrière des liens visuels privilégiés et qualifiés entre les espaces dégagés en périphérie : entre le parc arboré de la cour arrière du Lycée Daschbeck, le jardin public au pied de la Tour Anneessens, les terrasses enveloppant le projet, et l’espace plus dynamique du Boulevard. A l’échelle des logements-même, ce recul permet de percer la façade arrière, amenant la lumière.

Les espaces construits et non-construits se taillent et s’orientent en fonction de la proximité des parois de la Tour, se déformant et se reformant pour mieux accueillir la lumière, le soleil, les vues vers la ville, vers la Tour, et vers le ciel. Les espaces bâtis et non-bâtis s’ouvrent et se referment, se rejoignent puis se détachent, leurs morphologies se nourrissant de leur contexte immédiat ainsi que de l’ergonomie des intérieurs et terrasses créés. La forme qui en découle est l’expression fidèle de la réflexion initiale. Aucun pli, aucun volume n’est aléatoire, chacun a un sens … car chacun offre quelque chose. Jusqu’en toiture, où les derniers étages s’alignant sur le voisin au n°22 recréent de ce fait l’échelle du boulevard.

Par réserve à nouveau le matériau de l’enveloppe est discret et les détails affleurants, habillant les volumes d’un habit blanc sans couture jusqu’à y compris les garde-corps. La peau est fabriquée en ossature bois, posée sur une structure en dalles champignons. Les logements aux étages supérieurs comme les bureaux aux étages inférieurs sont aménagés simplement, valorisés plutôt par la qualité des espaces et celle de leur rapport au Patrimoine vu au sens large comme précisé ci-avant.

Afin d’inciter la connexion au niveau du sol, les fonctions animées (prévus en commerce ou bureau) du projet sont orientés vers l’espace public, comprenant des volumes largement vitrés ainsi qu’une entrée latérale, qui assurent un contrôle visuel et social, auparavant inexistant.

Un nouveau passage semi-public est dégagé entre la façade latérale et la Tour Anneessens. La minéralisation au sol proposée couvre un cheminement, qui se dessine partant de la zone trottoir et s’enfonce vers le fond de parcelle. L’ensemble de la zone au pied des contreventements 19e découverts durant les fouilles est éclairé par la lumière du jour (le mitoyen arrière étant démoli), et par un éclairage artificielle la nuit tombée.  Ainsi, les visiteurs venus admirer la Tour Anneessens disposent d’un lieu d’observation qualifié, éclairé, sécurisé, et les pieds au sec.